Remettre le formalisme au centre de l’apprentissage et de l’enseignement des mathématiques

Ouvrez n'importe quel manuel de sixième à la page de géométrie. Vous y lirez, à peu de mots près : un point du plan est un lieu, un endroit qui n'a ni longueur ni épaisseur. Des millions d'élèves ont appris cette phrase. Elle ne définit rien. Elle énumère ce qu'un point n'a pas, et laisse … Lire la suite de Remettre le formalisme au centre de l’apprentissage et de l’enseignement des mathématiques

Corrigé, et l’unicité de la limite

La suite qui converge est la troisième, celle dont le terme général est la différence des racines carrées de deux entiers consécutifs, et sa limite est nulle. Les quatre autres échouent pour quatre raisons distinctes, et c'est cette diversité qui intéresse : diverger n'est pas une seule chose. Le corrigé se termine sur un théorème … Lire la suite de Corrigé, et l’unicité de la limite

Fonction, application, correspondance : trois mots, une notion

Un manuel de seconde définit une fonction comme un procédé qui, à un nombre, en associe un autre. Un manuel de terminale parle d'application sans avoir jamais dit en quoi elle diffère d'une fonction. Un cours de licence emploie les deux mots comme des synonymes, et un autre les oppose. L'élève n'y voit pas une … Lire la suite de Fonction, application, correspondance : trois mots, une notion

Droites non coplanaires : la première surprise de l’espace

Depuis le collège, l'élève tient une alternative pour acquise : deux droites sont sécantes, ou bien elles sont parallèles. Il n'y a pas de troisième terme, et de fait il n'y en a pas — dans le plan. Montrez-lui alors, sur un cube, l'arête du bas et l'arête verticale du coin opposé. Elles ne se … Lire la suite de Droites non coplanaires : la première surprise de l’espace

Exercice : cinq suites, une seule converge

Des cinq suites qui suivent, une seule converge. Les quatre autres échouent, et elles échouent pour des raisons distinctes : l'une oscille sans s'arrêter, une autre grandit sans limite, une troisième n'est ni bornée ni régulière, une quatrième diverge alors même que ses termes consécutifs se rapprochent autant qu'on veut. Cette dernière à elle seule … Lire la suite de Exercice : cinq suites, une seule converge

Les axiomes de Zermelo-Fraenkel, sans mystique

Le sigle ZF traverse tous les cours du supérieur, cité comme on cite une autorité lointaine : « on se place dans ZF », « c'est indépendant de ZF ». Rares sont les étudiants qui ont vu la liste en entier, et plus rares encore ceux à qui l'on a dit ce que chaque axiome … Lire la suite de Les axiomes de Zermelo-Fraenkel, sans mystique

« Tend vers » : ce que disent ε et N

« La suite se rapproche de plus en plus de sa limite. » La phrase est dans tous les manuels, elle paraît inoffensive, et elle est fausse dans les deux sens : une suite peut se rapprocher indéfiniment d'un nombre sans converger vers lui, et converger vers un nombre sans jamais s'en rapprocher régulièrement. Ce … Lire la suite de « Tend vers » : ce que disent ε et N

Du plan à l’espace : ce que les axiomes doivent ajouter

« L'espace, c'est le plan avec une dimension de plus. » La formule est commode, et elle ne dit rien de ce qui change vraiment. Passer du plan à l'espace ne consiste pas à ajouter une lettre dans un repère : il faut ajouter des axiomes. Cinq exactement, dans le seul groupe d'incidence, et chacun … Lire la suite de Du plan à l’espace : ce que les axiomes doivent ajouter

Ce qu’un ensemble n’est pas : le paradoxe de Russell

« Un ensemble est une collection d'objets satisfaisant une propriété donnée. » Cette phrase ouvre presque tous les cours, du collège à la licence, et elle a le mérite de ne heurter personne. Elle a aussi un défaut : elle ne sert dans aucune démonstration. Aucune propriété ne s'en déduit, aucun théorème ne s'y appuie. … Lire la suite de Ce qu’un ensemble n’est pas : le paradoxe de Russell

Une suite est une application, et cela change tout

« Soit la suite un = 1/(n + 1). » La phrase ouvre des milliers d’exercices, et elle est inexacte à au moins deux titres. D’abord, un n’est pas une suite : c’est un nombre réel, celui que la suite associe à l’entier n. Ensuite, l’égalité ne définit rien tant que l’on n’a pas dit … Lire la suite de Une suite est une application, et cela change tout

Suites de Cauchy : la complétude de ℝ, autrement

Une suite dont les termes finissent par se resserrer converge-t-elle ? Dans ℚ, non : la suite des troncatures décimales de √2 se resserre autant qu'on veut sans jamais atteindre de limite rationnelle. Dans ℝ, oui — et cette différence est à elle seule une définition possible des nombres réels. Ce blog a déjà construit … Lire la suite de Suites de Cauchy : la complétude de ℝ, autrement